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Mises en situation de l'examen civique : méthode et exemples

Les mises en situation représentent 12 questions sur 40 à l'examen civique. Voici une méthode simple pour y répondre, les principes à connaître et 6 exemples corrigés.

Publié le

14 min de lecture

L'essentiel en bref

  • L'examen compte 12 mises en situation sur 40 questions : 6 sur les principes et valeurs de la République, 6 sur les droits et devoirs.
  • Il n'existe pas de liste publique des mises en situation : il faut comprendre les principes, pas apprendre des réponses par cœur.
  • Méthode en 4 étapes : lire le cas, trouver le principe en jeu, éliminer les réponses contraires à la loi, choisir l'attitude légale et respectueuse.
  • La bonne réponse respecte toujours la loi et les droits de chacun : on ne se fait jamais justice soi-même.

À l'examen civique, certaines questions ne demandent ni une date ni un chiffre. Elles racontent une petite scène de la vie quotidienne et vous demandent : « Que faites-vous ? » ou « Que dit la loi ? » Ce sont les mises en situation.

Beaucoup de candidats en ont peur, parce qu'on ne peut pas les apprendre par cœur. Pourtant, avec une bonne méthode, vous pouvez les réussir. Dans cet article, vous trouverez ce qu'il faut savoir, une méthode en 4 étapes, un tableau des bons réflexes et 6 exemples corrigés.

Qu'est-ce qu'une mise en situation à l'examen civique ?

L'examen civique est un QCM (questionnaire à choix multiples) de 40 questions en français, à faire en 45 minutes au maximum. Il faut au moins 32 bonnes réponses pour réussir. Parmi ces 40 questions, 28 sont des questions de connaissance et 12 sont des mises en situation.

Une mise en situation (on dit aussi « cas pratique ») décrit un cas concret : au travail, à l'école, dans un service public comme la mairie ou l'hôpital, avec un voisin, dans la famille… La question vous demande la bonne attitude, ou ce que dit la loi dans ce cas. Comme pour les autres questions, il y a 4 propositions et une seule bonne réponse.

Selon le programme officiel (arrêté du 10 octobre 2025), les mises en situation portent sur deux thématiques :

  • Principes et valeurs de la République : 6 mises en situation, sur les 11 questions de cette thématique ;
  • Droits et devoirs : 6 mises en situation, sur les 11 questions de cette thématique.

Les trois autres thématiques (système institutionnel et politique ; histoire, géographie et culture ; vivre dans la société française) contiennent uniquement des questions de connaissance. Vous trouverez tout le programme dans notre guide de l'examen civique.

Pas de liste publique des mises en situation

Seules les questions de connaissance sont rendues publiques par le ministère de l'Intérieur. Aucune liste des mises en situation n'est publiée : le jour de l'examen, le cas sera sans doute nouveau pour vous. C'est pourquoi il faut surtout comprendre les principes : vous pourrez alors répondre à une situation que vous n'avez jamais vue.

La méthode en 4 étapes pour répondre à une mise en situation

Face à un cas pratique, ne répondez pas trop vite. Suivez ces 4 étapes, dans l'ordre :

  1. Lisez le cas en entier. Qui est concerné ? Où se passe la scène : au travail, à l'école, à la mairie, dans la rue ? Qui fait quoi, et à qui ? Regardez aussi la fin de la question : vous demande-t-on ce que dit la loi, ou ce que vous devez faire ?
  2. Trouvez le principe en jeu. Demandez-vous quelle règle de la République est concernée : l'égalité, la laïcité, la liberté d'expression et ses limites, la non-discrimination, l'égalité entre les femmes et les hommes, la protection des enfants, le respect de la loi…
  3. Éliminez les réponses contraires à la loi. Écartez d'abord les propositions qui ne respectent pas la loi ou les droits d'une personne. Par exemple : forcer quelqu'un à faire un choix qui lui appartient (se marier, changer de religion, arrêter de travailler…), le traiter moins bien à cause de son origine, de son sexe ou de sa religion, se faire justice soi-même, ou ne rien faire face à un danger.
  4. Choisissez l'attitude légale et respectueuse. La bonne réponse respecte la loi et les droits de chacun. Souvent, elle passe par le dialogue ou par la bonne personne : la police, les secours, un juge ou le Défenseur des droits (une autorité indépendante qui aide gratuitement les victimes de discrimination).

Deux questions à vous poser

Pour chaque proposition, demandez-vous : « Est-ce que cette réponse respecte la loi ? » et « Est-ce qu'elle respecte les droits de l'autre personne ? » Si la réponse est non à l'une de ces deux questions, la proposition est fausse.

Les principes à connaître : le tableau des bons réflexes

Les mises en situation reposent sur quelques grands principes. Ce tableau vous aide à faire le lien entre la situation, le principe en jeu et le bon réflexe.

Des situations courantes et les bons réflexes
SituationPrincipe en jeuBon réflexe
Au travail : embauche, salaire, promotionÉgalité entre les femmes et les hommes, non-discriminationSeules les compétences comptent. En cas de problème : inspection du travail ou Défenseur des droits
Logement, commerce, loisirsNon-discriminationRefuser quelqu'un à cause de son origine, de sa religion ou de son handicap est puni : plainte ou Défenseur des droits
À l'école publiqueLaïcité, droit à l'éducationL'élève suit tous les cours et ne porte pas de signe religieux ostensible (très visible) ; le professeur reste neutre
Dans un service public (mairie, préfecture, hôpital)Neutralité de l'État, égalité des usagersL'agent est neutre et reçoit tout le monde ; l'usager ne peut pas refuser un agent à cause de son sexe ou de sa religion
Avec un voisin : bruit, dispute, detteRespect de la loi : ne pas se faire justice soi-mêmeD'abord le dialogue, puis un conciliateur de justice (gratuit) ou le tribunal ; la police en cas de tapage nocturne, de menace ou de violence
Dans le couple et la familleÉgalité, liberté de choisir, protection des enfantsChacun décide pour lui-même. Violences : 17 en urgence, 3919 pour les femmes, 119 pour un enfant
Dans la rue, sur InternetLiberté d'expression et ses limitesCritiquer est permis ; insulter, menacer ou appeler à la haine est puni

Pour revoir chaque principe en détail, lisez la fiche Principes et valeurs de la République et la fiche Droits et devoirs. Chacune contient une partie sur les bons réflexes à avoir dans les mises en situation.

6 exemples de mises en situation corrigés

Voici 6 cas pratiques rédigés pour cet article, dans l'esprit de l'examen. Essayez de répondre seul avec la méthode, puis lisez la correction.

Principes et valeursMise en situation

Dans votre entreprise, un poste de chef d'équipe se libère. Votre directeur dit qu'il le donnera à un homme, parce qu'« un homme se fait mieux respecter ». Que dit la loi ?

  1. A. C'est permis : le directeur choisit librement la personne qu'il veut promouvoir.
  2. B. C'est interdit : une promotion ne peut pas dépendre du sexe de la personne.
  3. C. C'est permis si l'équipe est composée surtout d'hommes, pour garder une bonne ambiance.
  4. D. C'est interdit seulement dans la fonction publique, pas dans une entreprise privée.
Voir la réponse

Bonne réponse : B. C'est interdit : une promotion ne peut pas dépendre du sexe de la personne.

L'égalité entre les femmes et les hommes s'applique aussi au travail. Un employeur ne peut pas choisir une personne pour une embauche, une promotion ou un salaire à cause de son sexe : c'est une discrimination, punie par la loi, dans le privé comme dans le public. Seules les compétences doivent compter, et l'inspection du travail ou le Défenseur des droits peuvent aider la personne concernée.

Principes et valeursMise en situation

Votre fils de 13 ans est au collège public. Il ne veut plus aller en cours de sciences, parce que le professeur parle de l'évolution des espèces et que cela ne correspond pas à ses croyances. Que dit la règle ?

  1. A. Il peut rester à la maison pendant ce cours, avec un mot de ses parents.
  2. B. Le professeur doit changer son cours pour respecter les croyances de chaque élève.
  3. C. Il peut demander à changer de classe pour avoir un professeur qui partage ses croyances.
  4. D. Il doit suivre le cours : on ne peut pas refuser un cours à cause de sa religion.
Voir la réponse

Bonne réponse : D. Il doit suivre le cours : on ne peut pas refuser un cours à cause de sa religion.

L'école publique est laïque : les programmes sont les mêmes pour tous les élèves, quelles que soient leurs croyances. Un élève ne peut pas utiliser sa religion pour refuser un cours ou contester ce que le professeur enseigne. Chaque famille reste libre de ses croyances, mais l'élève doit suivre tous les cours.

Principes et valeursMise en situation

Un homme porte une kippa, un signe religieux juif. Il se présente au guichet de la mairie pour une démarche. L'agent refuse de le recevoir tant qu'il ne l'enlève pas. Que dit la règle ?

  1. A. L'agent a tort : un usager peut porter un signe religieux dans un service public.
  2. B. L'agent a raison : la laïcité interdit tout signe religieux à la mairie.
  3. C. L'agent a raison, mais seulement si la règle est affichée à l'entrée de la mairie.
  4. D. L'usager doit revenir un autre jour, sans signe religieux.
Voir la réponse

Bonne réponse : A. L'agent a tort : un usager peut porter un signe religieux dans un service public.

La neutralité religieuse s'impose aux agents publics, pas aux usagers. À la mairie, à la préfecture ou à l'hôpital, vous pouvez porter un signe religieux et vous devez être reçu comme tout le monde : c'est l'égalité devant le service public. Il y a deux limites : les élèves des écoles, collèges et lycées publics ne portent pas de signe religieux très visible, et personne ne peut cacher son visage dans l'espace public.

Droits et devoirsMise en situation

Votre voisin gare souvent sa voiture devant l'entrée de votre garage. Vous ne pouvez plus sortir votre voiture. Que faites-vous ?

  1. A. Vous abîmez sa voiture pour qu'il comprenne qu'il ne doit plus se garer là.
  2. B. Vous garez votre voiture derrière la sienne pour le bloquer à votre tour.
  3. C. Vous lui en parlez calmement, puis vous appelez la police si cela continue.
  4. D. Vous ne dites rien : chacun peut se garer où il veut dans la rue.
Voir la réponse

Bonne réponse : C. Vous lui en parlez calmement, puis vous appelez la police si cela continue.

Personne n'a le droit de se faire justice soi-même : abîmer la voiture de votre voisin serait une infraction, même s'il est en tort. Se garer devant l'entrée d'un garage est un stationnement gênant, puni d'une amende. Le bon réflexe est d'abord le dialogue, puis la police nationale ou municipale si le problème continue.

Droits et devoirsMise en situation

Une femme adulte est hospitalisée. Le médecin veut lui expliquer le traitement et lui demander son accord. Son mari veut répondre et décider à sa place. Que dit la loi ?

  1. A. Le mari décide, car il est le chef de famille.
  2. B. C'est la patiente qui décide : c'est à elle de donner son accord pour les soins.
  3. C. Le médecin doit obtenir l'accord écrit du mari avant de soigner.
  4. D. Le mari et la patiente doivent être d'accord, sinon le médecin ne peut rien faire.
Voir la réponse

Bonne réponse : B. C'est la patiente qui décide : c'est à elle de donner son accord pour les soins.

Chaque patient majeur prend lui-même les décisions sur sa santé, avec son médecin. En principe, aucun soin ne peut être pratiqué sans son accord libre et éclairé : il doit d'abord recevoir les informations sur son état et sur le traitement. Les époux sont égaux : la notion de « chef de famille » a disparu du Code civil en 1970.

Droits et devoirsMise en situation

Après une dispute, votre voisin publie sur les réseaux sociaux un message avec votre nom, des insultes et des menaces. Que dit la loi ?

  1. A. C'est permis : sur Internet, chacun peut écrire ce qu'il pense.
  2. B. Vous ne pouvez rien faire, car ce ne sont que des mots écrits sur un écran.
  3. C. Insulter et menacer quelqu'un est puni, même sur Internet : vous pouvez porter plainte.
  4. D. Vous pouvez publier à votre tour des insultes contre lui, pour vous défendre.
Voir la réponse

Bonne réponse : C. Insulter et menacer quelqu'un est puni, même sur Internet : vous pouvez porter plainte.

La liberté d'expression permet de critiquer, mais elle a des limites. Insulter, menacer ou appeler à la haine est puni par la loi, dans la rue comme sur Internet. Ne répondez pas par d'autres insultes : gardez une copie du message (capture d'écran) et portez plainte sans attendre à la police ou à la gendarmerie.

Entraînez-vous sur d'autres cas pratiques

Le quiz « Mises en situation » vous propose des cas du quotidien, corrigés et expliqués, pour prendre les bons réflexes.

S'entraîner aux mises en situation

Les pièges fréquents des mises en situation

Dans les mises en situation, les mauvaises réponses sont souvent bien écrites. Elles peuvent sembler logiques, gentilles ou prudentes. Voici les pièges à connaître.

La réponse gentille, mais contraire à la loi

Certaines propositions veulent « arranger tout le monde » : respecter une tradition, faire plaisir à la famille, satisfaire un client. Mais si cette réponse enlève un droit à quelqu'un, elle est fausse. Par exemple, une réponse qui propose d'obliger une fille majeure à épouser l'homme choisi par ses parents, « pour respecter la tradition », est fausse : chaque adulte choisit librement son conjoint, et le mariage forcé est puni.

Se faire justice soi-même

En France, vous n'avez pas le droit de punir quelqu'un vous-même, même si vous avez raison. Reprendre un objet par la force, frapper, abîmer la voiture d'un voisin ou publier des insultes pour se venger : ces réponses sont toujours fausses. Le bon réflexe est de parler calmement, puis de s'adresser à la bonne autorité : la police, un tribunal ou un conciliateur de justice (une personne bénévole qui aide gratuitement à trouver un accord).

Ne rien faire

« Ce n'est pas mon problème » est rarement la bonne réponse. Face à une personne en danger, ne rien faire peut même être un délit : la non-assistance à personne en danger. Vous devez aider ou appeler les secours (15, 17, 18 ou 112), sans vous mettre vous-même en danger. De même, les violences dans le couple ou contre un enfant ne sont jamais une affaire privée.

Répondre avec les règles d'un autre pays

La question porte toujours sur la loi française. Une habitude normale dans un autre pays, ou dans votre famille, peut être interdite en France : par exemple, les gifles et les fessées pour punir un enfant sont interdites depuis 2019. Répondez avec les règles françaises, même si elles sont différentes de celles que vous connaissez.

Attention aux réponses « à moitié justes »

Une proposition peut commencer par une idée vraie, puis ajouter une condition fausse (« seulement si… », « sauf dans une entreprise privée… »). Lisez chaque proposition jusqu'au bout avant de la choisir.

Comment vous entraîner aux mises en situation

  • Pratiquez un peu chaque jour. Une dizaine de cas pratiques par jour vous aide à prendre les bons réflexes. Complétez avec les quiz Principes et valeurs et Droits et devoirs.
  • Lisez toujours l'explication, même quand vous avez juste : c'est elle qui vous apprend le principe.
  • Notez les principes qui reviennent : égalité, laïcité, liberté d'expression, respect de la loi, protection des enfants…
  • Passez des examens blancs de 45 minutes : les mises en situation sont plus longues à lire que les autres questions. Habituez-vous à ce rythme.
  • Si un mot vous bloque, cherchez son sens, puis relisez le cas en français : le jour de l'examen, tout est en français.

Pour organiser vos révisions, suivez notre planning de révision sur 30 jours. Pour découvrir les questions de connaissance, lisez aussi nos exemples de questions de l'examen civique.

Testez-vous dans les conditions de l'examen

40 questions en 45 minutes, avec la même répartition que l'examen officiel, dont 12 mises en situation. Avec un compte gratuit, vous pouvez passer un examen blanc par jour.

Passer un examen blanc

Avec un peu de pratique, les mises en situation deviennent plus simples : ce sont toujours les mêmes principes qui reviennent. Prenez votre temps, gardez la méthode en tête, et bon courage pour vos révisions !

Questions fréquentes

Les mises en situation sont-elles les mêmes pour la carte de séjour, la carte de résident et la naturalisation ?

Leur place est la même pour tous : 12 questions sur 40, dont 6 sur les principes et valeurs de la République et 6 sur les droits et devoirs. Les principes à connaître sont donc les mêmes. Ce qui change selon le niveau, ce sont surtout les questions de connaissance : la carte de séjour pluriannuelle, la carte de résident et la naturalisation ont chacune leur liste officielle.

Faut-il répondre selon son avis personnel ou selon la loi ?

Selon la loi française. La question ne vous demande pas ce que vous pensez, ni ce qui se fait dans votre pays ou dans votre famille, mais ce que la loi permet ou interdit en France. Vous avez le droit d'avoir un autre avis : le jour de l'examen, choisissez simplement la réponse qui respecte la loi et les droits de chacun.

Que faire quand deux réponses semblent justes ?

Relisez la fin de la question : vous demande-t-on ce que dit la loi, ou ce que vous devez faire ? Gardez ensuite la réponse qui respecte à la fois la loi et les droits de toutes les personnes. Une réponse qui force quelqu'un à agir contre ses droits, qui traite une personne moins bien que les autres ou qui fait justice soi-même est fausse. Attention : une réponse qui rappelle une obligation prévue par la loi (aller en cours, payer ses impôts…) peut tout à fait être la bonne.

Les mises en situation rapportent-elles plus de points que les autres questions ?

Non. Chaque bonne réponse rapporte 1 point, qu'il s'agisse d'une question de connaissance ou d'une mise en situation. Mais elles sont nombreuses : 12 questions sur 40, presque un tiers de l'examen. Bien les réussir vous aide beaucoup à atteindre les 32 bonnes réponses nécessaires.

Sources officielles

Examen Civique Réussi est un site indépendant de préparation, non affilié au ministère de l'Intérieur. Vérifiez toujours votre situation personnelle auprès de votre préfecture.

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